jeudi 1 juillet 2010

God save la France... des mauvais écrivains anglais !

Un ouvrage un brin romancé raconté par un journaliste anglais perdu dans cet étrange pays qu'est la France, cela vous intéresse ? Ben en tout cas moi, c'est ce qui m'a donné envie de lire « God save la France ». Je me suis dit « Allez hop, on va bien s'amuser à lire du préjugé à tout va confronté à une réalité totalement différente... ». Et puis, qui ne se régalerait pas des mésaventures d'un habitant de la perfide Albion confronté à l'improbable bon goût de l'arrogant français ? Ah, Histoire, quand tu prolonges indéfiniment tes règlements de comptes... 

« God save la France » est un ouvrage métissant à la fois les expériences qu'a vécu son auteur, Stephen Clarke, lorsqu'il vivait sous le soleil chaleureux de notre beau pays, et le roman, camouflant ou enjolivant certaines situations au travers de son alter égo fictif, Paul West. Celui-ci d'ailleurs, est censé représenter le summum de l'Anglais, le nec plus ultra de la Grande-Bretagne, l'homme le plus classique du Royaume-uni, qui se retrouve confronté à l'inhabituel et déroutant comportement de ces étranges bouffeurs de cuisses de grenouilles de frenchies qui, lorsqu'ils ne sont pas en train de se perdre en de longs et douloureux débats sur l'art de perdre du temps à ne rien faire, se vautrent dans le stupre et l'alcool tout en marchant avec délectation dans les très odoriférantes crottes de chien dont les maîtres de ces indisciplinés canidés semblent vouer un culte à la fois établi et repoussant...

Bref vous l'aurez compris : bienvenue dans un monde d'orgueils et de préjugés ( A croire que Jane Austen avait vu juste dans le comportement de ses compatriotes... ) un brin nauséabonds et tellement grossis qu'ils en deviennent pathétiques. Paul West ne rencontre que des délurées et passe son temps à penser avec son entrejambe, ne sait parler que bouffe quand il croise un français, ne retiens de Paris que ses trottoirs encrottés et est, bien évidemment, d'une indéniable supériorité structurelle et organisationnelle quand à sont travail. Et ne parlons pas des rythmes des grèves dont il est le témoin...

C'est donc une grosse déception que « God save la France ». Je m'attendais à un véritable récit d'expériences vu et, certes exagérés pour rendre le propos amusant, rapporté avec justesse et qualité des yeux d'un expatrié d'outre-manche, professionnel de l'écriture dont la plume avait déjà rédigé un « Guide de survie » à succès visant ses coreligionnaires expatriés, mais rien de tout ça. On n'a que de la légende urbaine à deux balles tellement grossies que l'on flirt avec les frontières de la vulgarité. Du coup, « God save la France » sonne plus comme un règlement de comptes que comme une sympathique boutade. Dommage, le style était agréable et le chapitrage classé par mois se prêtait bien à la lecture d'un journal/mémoire et permettait au lecteur de pénétrer la vie de Paul West par le petit bout de la lorgnette, mais le fond coule la forme. 

A moins que je ne goûte pas à l'humour britannique, mais ça, c'est une autre histoire... 

Note : 1,5 / 5
Prix : 6,90
ISBN : 9782266 164948
Editeur : Pocket

1 commentaire:

  1. oui, il semble que tu goûtes pas l'humour ...

    britannique !

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